Municipales : l’eau, cet enjeu électoral à tous points de vue
A l’occasion du Carrefour des gestions locales de l’eau à Rennes, les 29 et 30 janvier, le Cercle français de l’eau (CFE) a présenté les conclusions de trois débats organisés autour de l’eau - sa distribution, sa gouvernance, son financement - comme enjeu de débat, et parfois de polémique, aux élections municipales.
Quels sont aujourd’hui les problèmes de la France ? 36 % de ses masses d’eau sont concernées par les activités agricoles 21 % des problèmes proviennent de l’absence de très bons traitements des eaux résiduaires urbaines. 21 % des problèmes viennent de pressions hydromorphologiques. La Commission a recommandé à la France, de repenser sa politique tarifaire en mettant en œuvre l’article 9 de la DCE. Tous les articles de cette directive ne sont pas mis en œuvre, comme les dérogations qui peuvent être faites lorsque le projet présenté par les intervenants locaux est vraiment un projet qui soutient l’environnement.
La question de l’eau est finalement la question du modèle de développement que le CFE va mettre en œuvre. C’est bien le développement économique et l’aménagement de la France qui feront la qualité de l’eau des rivières. Par conséquent, la politique de l’eau n’est pas une politique environnementale, mais bien une politique économique. Il est sans doute indispensable que l’on réapprenne la transversalité et la cohérence des politiques publiques. C’est bien la politique agricole qu'ils vont mener dans notre territoire qui fera la qualité de l’eau de nos rivières et de nos fleuves. Il s’agit de savoir quelle politique agricole nos gouvernant mettront en place aujourd’hui en Europe. Beaucoup de questions environnementales se règleront au niveau européen, car, aujourd’hui, les sujets sont planétaires, mondiaux, et l’Union européenne a un rôle considérable à jouer. La France a un modèle de l’eau qui fonctionne et qui est une référence dans le monde entier. Aujourd’hui, le problème de l’eau est celui du bien commun, et la question de la considération que l’on fait de son bien commun. Il faut, évidemment, des directives européennes du politique, et du territoire ; il faut les trois ! c’est l’ensemble des acteurs du territoire : économiques, sociaux, environnementaux, qui partagent une véritable ambition. C’est la territorialisation de l’action publique autour de l’eau dans nos territoires.Il faut que la France accélère le mouvement grâce à tous les leviers à sa disposition. Notamment, que nous restions sur le principe de « l’eau paye l’eau », du pollueur/payeur, et sur la gestion par bassins hydrographiques. Si nous voulons être à la hauteur des accords de Paris, des économies décarbonées, ou mettre nos populations à l’abri de ce qui va arriver, (à savoir sécheresses, inondations, dérèglements climatiques, ce que nous vivons déjà,) il faut écrire une feuille de route cohérente. Le Cercle Français de l’Eau veut faire partie de ce travail collectif, et non pas être dans l’opposition des systèmes, mais dans la cohérence et dans ’action.En France nous avons de très bons joueurs sur le sujet de l’eau, mais une très mauvaise équipe. C’est comme au rugby : pour gagner, il faut une âme, une volonté, un chemin, et une ambition partagée. C’est sans doute ceci qui nous manque.
Extraits tirés de la synthèse du colloque de Rennes en Nov.2019

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